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06/11/2013

La Jota de Rosset

En janvier à la Cinémathèque française (Paris) :

De la musique ou la Jota de Rosset

Jean-Charles Fitoussi

Cycle JEAN-CHARLES FITOUSSI




France - 2013 - 90’
Avec Clément Rosset, David Brouzet, Santiago Espinosa.
Conversation à Majorque entre Clément Rosset et Santiago Espinosa, implantée dans le cerveau de David, Secrétaire de Stein. De la célèbre phrase de Stravinsky - "Je considère la musique par essence impuissante à exprimer quoi que ce soit" - au secret de la jota majorquine - "il n'y aura jamais rien de meilleur que la vie".
Dimanche 26 Janvier 2014 - 21h30

Vendredi 31 Janvier 2014 - 21h45

21/01/2013

PARUTION: S. Espinosa, "L'inexpressif musical"


Les lecteurs de ce blog connaissent sans doute Santiago Espinosa, commentateur et traducteur de Clément Rosset. Je tiens à signaler la parution prochaine de son livre sur la musique, d'inspiration bien évidemment rossétienne :





"Voici quelques années que la musique occupe une place dans le champ de la philosophie française. Bien sûr, la musique a été au coeur de la pensée de certains philosophes, notamment allemands, tels Schopenhauer et Nietzsche, mais force nous est de reconnaître qu'en ce qui concerne les auteurs français elle a souvent été négligée, sauf à quelques exceptions près (Bergson, Jankélévitch et Rosset, par exemple). Est-ce par une disposition trop rationaliste, héritière de la philosophie de Descartes, qui ne saurait accepter son caractère insaisissable et imperméable à l'interprétation ? Sans doute. Il semblerait toutefois que la musique commence ces derniers temps à trouver une certaine importance, voire une reconnaissance de la part des philosophes français. Une prolifération importante d’essais expliquant sa place dans la « French theory » en fait preuve. Or, peut-être à cause de la fraîcheur de ce fait, il se trouve que ces essais se heurtent souvent à une exigence ancienne, assez platonicienne au fond, consistant à ne considérer la musique qu’à la condition qu’elle « exprime » quelque chose (un sens toujours extra-musical, que ce soient les émotions humaines, les intentions politiques ou philosophiques du compositeur, etc.). Nous voyons dans cette disposition un grand tort fait à la musique, et ce à plus d’un titre. D’abord, parce que cette forme de penser la musique implique de ne pas écouter ce qu’elle « dit » — les sons articulés dans le temps — mais d’y chercher un sens caché, c’est-à-dire, paradoxalement, écouter autre chose que la musique. Ensuite, et surtout, parce que ce faisant nous manquons du même coup l’un des traits essentiels de la musique : sa capacité de susciter la joie. Si, au lieu de prêter l’oreille à ce qui se passe dans l’ici et le maintenant (les sons s’écoulant dans le présent) lorsque nous écoutons de la musique, nous portons le regard vers un ailleurs et un autre moment (ce que la musique est censée véhiculer au moyen d’une langue quelque peu confuse), la réalité musicale, qui procure chez certains l’intuition de l’allégresse, perd toute sa force et son efficacité. C’est là l’une des raisons pour lesquelles certains philosophes, d’inspiration plus ou moins romantique, ont affirmé un lien étroit existant entre musique et mélancolie : la musique, de par le fait même qu’elle serait prétendument expression de quelque chose d’autre, devient une manifestation de l’absence de cet autre (un contenu exprimé qui reste cependant toujours indésignable). C’est précisément ce regard qui fait grief à l’écoute ; c’est en voulant voir une expression (parfois même une représentation) de quelque chose à l’intérieur de la musique, et en faisant par là de l’art des sons un art des images renvoyant toujours ailleurs, que celle-ci et la joie qui l’accompagne sont bannies à nouveau et pour de bon de la réflexion. Pour notre part, en faisant souvent allusion à cette méprise, nous croyons en montrer à la fois le caractère illusoire et le trait plus fondamental qu’elle manifeste : le refus du réel au sens le plus large, à commencer par son caractère insignifiant et inexpressif. La réalité musicale n’est en vérité déplacée à un autre temps et à un autre lieu que parce que — c’est là notre thèse — la réalité en tant que telle est ainsi considérée d’emblée comme inintéressante, pis encore, comme indésirable. Que les choses soient telles qu’elles sont, voilà ce que certains philosophes semblent ne pouvoir accepter. Le discours que nous menons ici voudrait au contraire penser l’objet musical en tant qu’analogue du réel, sans dehors et sans profondeur, dans son inexpressivité essentielle. Aussi, l’ailleurs et le jadis nous ayant toujours détourné du domaine du réel, nous avons trouvé notre bonheur dans l’ici et le maintenant auxquels la musique nous renvoie sans cesse. Les anciens Égyptiens donnaient à la musique et à la joie un même nom : Hy ; c’est l’intuition de cette alliance qui guide ce travail, qui l’a fait naître et dont nous avons voulu en tirer et approuver toutes les conséquences."

Santiago Espinosa (Mexico, 1978) est docteur en philosophie et traducteur. Ses travaux ont comme centre d’intérêt le rapport entre musique, littérature et philosophie

14/08/2012

FILM: "L'Enclos du Temps", Jean-Charles Fitoussi

Jean-Charles Fitoussi, cinéaste proche de Clément Rosset, et notamment illustrateur de la réédition de La Folie sans peine, parle dans Libération de son film L'Enclos du temps (nouvel opus de la série Le Château de Hasard). Il y est aussi question du hasard, du deuil, de la joie, et de Clément Rosset. C'est ici. Signalons la présence à l'écran de notre ami Santiago Espinosa ainsi que celle de Frédéric Schiffter et que le film a été présenté au 65e Festival du film de Locarno.




J'en profite pour signaler la naissance d'une ressource inestimable, un "Site officiel de Clément Rosset",  encore en construction, conçu par le même Santiago, et qui regroupe une liste très probablement exhaustive des apparitions bibliographiques, journalistiques et médiatiques de Clément Rosset, ainsi qu'une liste de traductions, de commentaires, et quelques autres surprises. Bravo à lui !

22/05/2012

[MàJ] Musique, cinéma, France Culture, Labyrinthe


[21/05/2012]: l'émission musicale Je l'entends comme je l'aime du 20 février 2011, peut toujours être écoutée en ligne, profitez-en!

A signaler également, Clément Rosset était l'invité de Michel Ciment dans Projection privée sur France Culture le 12 mai dernier, pour ses Propos sur le cinéma, recueil de textes divers, récemment réédités aux PUF au format Quadrige, et sélectionnés par Jacques Munier dans l'Essai et la revue du jour le 18 mai.

Les deux émissions peuvent être écoutées en ligne et podcastées.

Enfin, toujours sur le cinéma (mais pas seulement), un article récent dans la revue Labyrinthe que je n'ai pas encore pu consulter car il n'est malheureusement pas encore accessible en ligne, ni librement, ni même via mon abonnement institutionnel... Il doit néanmoins pouvoir se trouver sous forme papier dans les bonnes bibliothèques : Pierre-Yves Macé, « Photo-, phono- et cinématographie chez Clément Rosset », Labyrinthe, 36 | 2011





© RADIO FRANCE

12/02/2011

[MàJ] Je l'entends comme je l'aime (F. Noudelmann)

[21/05/2012]: l'émission (20/02/2011) peut toujours être écoutée en ligne, profitez-en!

© RADIO FRANCE

Clément Rosset et Santiago Espinosa seront bientôt sur France Culture dans l'émission "Je l'entends comme je l'aime" de François Noudelmann, pour parler, bien entendu, de musique.

A noter dans vos agendas et à podcaster!

Bonne écoute!

16/11/2010

Soutenance de thèse

M. SANTIAGO ESPINOSA MALAGON - L’objet musical. Eléments pour une philosophie de l’écoute.


vendredi 19 novembre 2010
14h
A l’IUFM Site Batignolles, Salle 11, 56 boulevard des Batignolles, 75017 Paris

M. SANTIAGO ESPINOSA MALAGON soutient sa thèse de doctorat :

L’objet musical. Eléments pour une philosophie de l’écoute.

Résumés :

La musique est essentiellement inexpressive : elle est incapable d’exprimer quoi que ce soit (même les émotions humaines). Cette sorte de langage — l’articulation de sons dans le temps — est auto-signifiant et ne renvoie qu’à lui-même : la musique s’exprime elle-même. C’est en cela qu’elle s’apparente avec le réel, qui manque lui aussi de signification et est par là tautologique. L’écoute musicale est donc une écoute non-interprétative ; écouter la musique c’est faire attention à la musique et non à ce qu’elle est supposée véhiculer. C’est, en ce sens, une forme d’attention au réel. Aimer la musique, à son tour, c’est apprendre à faire une écoute de cette espèce. Ce que l’on apprend à aimer, c’est l’objet musical tel qu’il est, sans songer à changer la moindre virgule. Et c’est dans cette approbation inconditionnelle de l’objet que réside la joie musicale, que nous pouvons étendre à notre tour à l’approbation inconditionnelle de tous les objet qui conforment le réel, comme nous invite à faire la philosophie tragique. Nous pourrions dire que la musique est l’art tragique par excellence.

The musical object. Some elements for a tragic philosophy

Music is essentially inexpressive : music is unable of expressing anything (not even human emotions). This kind of language — sound’s articulation on time — is self-signifying. It doesn’t refer to anything but to itself : music expresses itself. In this, music is like reality, which is insignificant as well, and therefore tautological. Musical hearing is then a non-interpreting hearing ; to hear music is to pay attention to music and not to that which is supposed to be transported by it. It is, in this perspective, a sort of attention to reality. To love music, therefore, is a form of learning to hear this way. The object that we love is the musical object as it is ; we don’t even dream to change one single comma. It is in this unconditional approbation of the object where musical joy takes place ; and we think it’s possible to spread this approbation to all objects that conform reality. That is what tragic philosophy invites us to do. Music, we could say, is the tragic art par excellence.

12/12/2008

Nouveaux Chemins de la Connaissance






Du 5 au 9 janvier, à 17h, dans les Nouveaux Chemins de la Connaissance, une série d'émissions consacrée à Clément Rosset. Un livre par jour. Parmi les intervenants, votre serviteur, ainsi qu'André Martins, Santiago Espinosa, Frédéric Schiffter et Clément Rosset lui-même. Je tiens à remercier toute l'équipe des NCC, en particulier Raphaël Enthoven et Adèle Van Reeth, pour leur aimable proposition, leur accueil impeccable et les excellents moments passés dans l'inénarrable Maison de la Radio.

Les émissions seront disponibles sur internet pendant un mois après leur diffusion, sur le site des Nouveaux Chemins de la connaissance.