18/03/2006

Impressions fugitives


J'aimerais citer un passage étonnament sombre de CR, l'épilogue de Impressions fugitives :

"Avant de finir, je ne puis m'empêcher de faire la remarque qu'il en va un peu de nos amies et amis comme de ces compagnons de proximité que sont les trois doubles étudiés dans ce livre. Les plus forts attachements, ceux qui nous tiennent au plus près, n'ont-ils pas en définitive la consistance, ou plutôt l'inconsistance, de l'ombre, du reflet et de l'écho? Ne sont-ils pas eux aussi des "impressions fugitives", impressions d'une présence aimée à côté de nous alors que celle-ci n'est peut-être que la prolongation narcissique de notre propre fait? Bien sûr, tous les analystes de l'amour et de l'amitié l'ont déjà dit, Rutebeuf peut-être le plus simplement et le mieux :

Las que sont mes amis devenus,
Que j'avais de si près tenus?
Ce sont mes amis que vent emporte
Et il venait devant ma porte."

Mais je ne voudrais pas finir sur cette note mélancolique. Je tiens au contraire à réconforter mon lecteur et à l'assurer que ces considérations terminales n'ont aucun rapport, sinon de pure coïncidence, avec les analyses qui précèdent."


Ah! Nous voilà rassurés! D'autant plus rassurés de voir notre auteur changer d'avis en quelques lignes! Ce qui est dit est dit.

Mon alter ego...