17/10/2011

Matinées savantes

A signaler: la réédition des fameuses Matinées structuralistes, sous le titre Les Matinées savantes, aux éditions Fata Morgana. Une lecture décapante chaudement recommandée, à l'époque parue sous le pseudonyme de Roger Crémant et qui n'a pas plu à tous -- lacaniens, structuralistes, derridiens, et plus généralement normaliens affiliés.

Ci-dessous, la présentation de l'éditeur:

2011 ‒ 88 pages ‒ 14 x 22 cm ‒ ISBN 978.2.85194.807.6

LOUISE – Bonjour, bonjour, mes amis. Ne perdons pas de temps. Notre ordre du jour est aujourd’hui assez chargé. Comme vous le savez, le prochain numéro de nos Carnets d’épistémographie, consacré à «La Pensée», doit être remis à l’imprimeur avant la fin du mois. Avez-vous, comme je vous l’ai demandé... (Un temps) Mais que fais-tu tout seul dans ton coin, Tart ?
TART (interdit) – Moi, Louise ? Mais… je…
MINET (bas, à Tart) – Tu fais trop de bruit en beurrant tes biscottes, Tart. Tu vas tout faire rater.


Commande de Jean-François Revel qui désirait en découdre avec le flou et l’obscurité de la notion de structuralisme que tout le monde appliquait à tout le monde dans les années 1960, cette Scène absurde en un acte, aujourd’hui devenue mythique mais introuvable, parut en 1969 sous le titre des Matinées structuralistes et sous le pseudonyme un peu transparent de Roger Crémant. Se dessine alors une satire de l’effervescence pseudo-intellectuelle qui régnait chez les élèves de l’École Normale Supérieure – rebaptisée ici Institut Supérieur – qui se destinaient à la philosophie. Domaine familier à Clément Rosset, puisque il était lui-même élève de l’E.N.S. entre les années 1961 et 1965 et faisait partie du groupe qui, chapeauté par Louis Althusser avant que celui-ci ne fût supplanté par Jacques Derrida, préparait l’agrégation de philosophie.

1000 exemplaires sur vélin ivoire.

17 euros.